Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux

Il existe des milliers d'établissements postsecondaires au Canada qui ne confèrent pas de grade. Parmi eux, plus de 150 sont des collèges publics et instituts reconnus. Plusieurs autres sont enregistrés ou sous permis. Bon nombre d'entre eux ne font l'objet d'aucune règlementation.

Les établissements ne conférant pas de grade ont pour principal objet les programmes menant à un diplôme ou à un certificat mais offrent parfois des cours de programmes universitaires ou des cours conjoints menant à un diplôme ou un grade.

Dépendamment de la province ou du territoire, les établissements publics non habilités à conférer des grades sont appelés collèges, collèges régionaux, centres, collèges d'arts appliqués et de technologie, collèges communautaires, instituts ou cégeps. Ils offrent leurs programmes dans des endroits très variés, allant des grandes agglomérations urbaines aux petites collectivités lointaines et isolées. Les collèges se retrouvent dans plus de 900 collectivités à l'échelle du Canada. Certains sont des établissements de grande taille dotés de matériel de pointe, alors que d'autres sont de petits centres de formation. Presque toutes les instances offrent des programmes collégiaux en français et en anglais, par l'entremise de collèges ou d'instituts spécialisés ou de multiples options d'enseignement à distance.

Les établissements privés ne conférant pas de grade sont parfois appelés collèges, instituts de formation professionnelle, écoles professionnelles ou académies, en fonction des restrictions prévues par la loi en matière d'appellation en vigueur dans la province où ils sont situés. La plupart de ces établissements fonctionnent comme des entreprises pour dispenser des cours et programmes spécialisés, axés sur le monde du travail.


Enseignement et recherche

Les établissements ne conférant pas de grade universitaire se concentrent sur l'enseignement; ils comptaient en 2007 plus de 46 000 professeures et professeurs à temps plein et près de 60 000 à temps partiel. La diffusion de la recherche appliquée, du développement et de la technologie des collèges et instituts est axée sur les besoins du marché, le transfert de technologie, les nouveaux processus et les prototypes, des activités qui ont toutes une incidence marquée sur le développement économique.

Bien que de nombreux instructeurs et instructrices des établissements ne conférant pas de grade possèdent un doctorat, l'expérience dans les disciplines techniques et professionnelles constitue un critère déterminant de leur embauche. Outre leur personnel enseignant régulier, ces établissements emploient des instructrices et instructeurs à temps partiel provenant du secteur enseigné, des écoles secondaires, des universités, des professions et du domaine des services sociaux et de la santé.


Administration et gestion

Les collèges publics, les instituts spécialisés, les collèges communautaires, les institutes of technology and advanced learning (instituts de technologie et d'études supérieures), les collèges d'arts appliqués et de technologie et les cégeps font parfois l'objet d'une réglementation plus serrée que les universités. La plupart sont dotés d'une assemblée des gouverneurs nommés par le gouvernement provincial ou territorial, à laquelle siègent des étudiantes et étudiants, des professeures et professeurs et des membres de la collectivité. L'intervention gouvernementale peut s'étendre aux politiques d'admission, à l'approbation des programmes, aux programmes d'études, à la planification des affaires collégiales et aux conditions de travail. La planification des programmes compte souvent sur l'apport de membres de la collectivité, du monde des affaires, de l'industrie et des syndicats siégeant aux comités consultatifs des collèges; l'orientation générale est fournie par les administratrices et administrateurs des collèges. Les programmes sont généralement organisés en écoles, divisions ou départements.

Dans la plupart des provinces, les établissements privés ne conférant pas de grade doivent suivre des procédures définies par la loi pour s'enregistrer ou obtenir un permis et pour pouvoir ainsi s'adonner à leurs activités.


Programmes

Les collèges publics, les instituts spécialisés, les collèges communautaires, les institutes of technology and advanced learning et les cégeps dispensent divers programmes de formation dans divers domaines professionnels et techniques, y compris les affaires, la santé, les sciences, l'agriculture, les arts appliqués, la technologie, les métiers spécialisés et les services sociaux. Certains instituts spécialisés offrent une formation dans un domaine précis comme les arts, la pêche, la technologie paramédicale ou l'agriculture. Comme il est mentionné précédemment, plusieurs offrent également des programmes menant à un baccalauréat ou à un grade d'études appliquées.

De plus, ces établissements offrent aux adultes des ateliers et des programmes d'éducation de base, d'alphabétisation, de recyclage, de formation sur mesure pour l'industrie, de mise à niveau des compétences professionnelles, de formation préprofessionnelle et de préapprentissage. Bon nombre de collèges offrent également des programmes spécialisés de 2e cycle aux étudiantes et étudiants qui possèdent déjà un diplôme ou un grade.

Les diplômes sont généralement obtenus après la réussite d'un programme de deux ou trois ans suivi dans un collège ou un institut, alors que les certificats ne nécessitent le plus souvent qu'une année d'études. Au Québec, les cégeps dispensent des programmes de formation générale de deux ans, qui donnent accès à l'université, et des programmes de formation technique de trois ans qui débouchent sur le marché du travail.

Plusieurs réseaux de collèges ont également des programmes de transfert à l'université et dispensent ainsi les deux premières années de formation de programmes universitaires de 1er cycle. Les universités et les collèges travaillent également ensemble dans le cadre de programmes intégrés, grâce auxquels les étudiantes et étudiants reçoivent un grade et un diplôme. L'éducation coopérative fait partie intégrante de nombreux programmes, qui conjuguent stages de travail obligatoires et études théoriques.

Les programmes des établissements postsecondaires privés qui ne confèrent pas de grade ont tendance à être plus courts et intensifs que les programmes des établissements publics. Ils mènent généralement à un certificat ou un diplôme.

L'apprentissage est un système axé sur l'industrie, qui a établi les normes de formation et de certification de plus d'une cinquantaine de métiers et de professions désignés. Les employeurs soutiennent les programmes en embauchant des apprenties et apprentis et en leur donnant ainsi la chance d'acquérir leurs compétences au travail. Les collèges offrent en classe la formation de ces programmes qui dure jusqu'à huit semaines par année d'apprentissage. La durée du programme d'apprentissage varie d'un métier à l'autre, mais elle est généralement de quatre ans, après quoi un certificat est remis.

Liés étroitement à la collectivité et jouissant d'une souplesse considérable dans la conception des programmes, la prestation des cours et l'embauche du corps professoral, les collèges ont démontré leur grande capacité à répondre rapidement aux exigences changeantes en matière d'éducation et de formation.

Environ 80 p. 100 des collèges reconnaissent les acquis et accordent des crédits en conséquence pour une partie au moins de leurs programmes. Certaines universités reconnaissent elles aussi les acquis; les adultes peuvent ainsi démontrer et faire reconnaître leurs connaissances acquises à l'extérieur d'un cadre scolaire formel.

Les services à la population étudiante constituent une facette importante des collèges et de ce qu'ils ont à offrir. Il s'agit par exemple de services d'orientation, de placement, de conseils personnels, d'aide financière, de promotion de la diversité et de prévention de la discrimination, de tutorat, de garde d'enfants, de santé, d'apprentissage de l'anglais ou du français langue seconde et de développement des aptitudes d'apprentissage. Pour élargir l'accès à leurs programmes, les collèges de plusieurs provinces ont formé des consortiums capables d'offrir par divers moyens un éventail de cours de formation technique, professionnelle et générale donnant droit ou non à des crédits. De nombreux établissements dispensent également de manière individuelle un enseignement à distance. Les technologies utilisées et le public desservi sont les mêmes que ceux des établissements conférant des grades universitaires.

La plupart des collèges offrent des programmes de deux ans ou de trois semestres. Ils offrent également pendant toute l'année, sur le campus et hors campus, divers programmes le jour et le soir donnant droit ou non à des crédits. Les périodes d'études dans les établissements privés qui ne confèrent pas de grade tendent à se mesurer en semaines et semestres plutôt qu'en années.


Critères d'admission

Les établissements ne conférant pas de grade fixent leurs propres critères d'admission, qui sont parfois plus souples que ceux des universités. En règle générale, il faut toutefois un diplôme d'études secondaires pour s'inscrire à un programme menant à un diplôme technique ou professionnel ou à un programme préuniversitaire. Toutefois, le principe d'accessibilité faisant partie du mandat de la plupart des collèges publics, les normes d'admission comprennent généralement des critères plus souples pour les adultes. Les programmes pour lesquels la demande est forte ont des exigences plus rigoureuses.

Beaucoup d'établissements postsecondaires privés fondent leurs conditions d'admission sur la capacité des étudiantes et étudiants à payer les droits d'inscription exigés, bien que le niveau scolaire puisse lui aussi s'avérer important.


Droits de scolarité

Les droits de scolarité annuels des collèges et instituts publics varient grandement à l'échelle du pays; la moyenne était d'environ 2400 $ en 2007 2008. Le Québec fait exception, les résidantes et résidants de cette province inscrits à temps plein à un collège public ou à un cégep n'ayant à payer aucun droit de scolarité.

Les étudiantes et étudiants internationaux ont toutefois des droits considérablement plus élevés à payer, bien que les situations varient grandement dans l'ensemble du pays.

Les droits de scolarité des établissements privés ne conférant pas de grade ont tendance à être plus élevés que ceux des établissements publics.




Révision exhaustive des informations: février 2009