L'enseignement postsecondaire au Québec

ToC / TdM Survol provincial

Depuis 1967, le système d'enseignement postsecondaire au Québec est constitué de deux types d'établissement : les collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps) et les universités. Les cégeps ou établissements équivalents dispensent un enseignement de niveau intermédiaire entre l'école secondaire et l'université et offrent une variété de programmes techniques qui préparent au marché du travail.

Le réseau universitaire comprend 18 établissements d'enseignement universitaire, alors que le réseau collégial est constitué de 48 cégeps publics, de 24 collèges privés subventionnés, dont deux font l'objet d'une entente internationale, de 26 collèges privés non subventionnés sous permis et de quatre établissements publics relevant d'un autre organisme que le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

L'Université du Québec est la plus grande université du Canada. Elle compte six constituantes, deux écoles spécialisées, un institut de recherche.. L'Université du Québec est la seule université du Canada qui constitue un réseau provincial semblable à certaines universités d'État qui existent aux États-Unis.

C'est au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport que revient la responsabilité du système d'enseignement postsecondaire de la province ; le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation exerce pour sa part des responsabilités concernant la mission de recherche des universités et de transfert des collèges

ToC / TdM Historique

Le Québec est le foyer du plus ancien établissement d'enseignement supérieur de langue française, l'Université Laval, qui a été fondée en 1663 sous le nom de Grand Séminaire de Québec et a reçu une charte royale en 1852. La première université de langue anglaise de la province, l'Université McGill, a reçu sa charte en 1821 et des cours y ont été offerts à partir de 1829, au même moment où se fusionnait à l'université l'école de médecine de Montréal. L'Université Bishop's, un petit établissement d'enseignement de langue anglaise se spécialisant dans l'enseignement de premier cycle, a obtenu le statut d'université en 1856. L'Université de Montréal, qui a fait ses débuts à titre de filiale de l'Université Laval, a reçu sa propre charte en 1920. Aujourd'hui, deux écoles conférant des grades, l'École polytechnique et l'École des hautes études commerciales (HEC Montréal), sont affiliées à l'Université de Montréal et se spécialisent en génie et en gestion respectivement.

À partir des années 50, et surtout durant les années 60, la croissance de la population, la démocratisation de l'éducation et l'émergence de nouveaux besoins en matière de formation postsecondaire ont contribué à une augmentation considérable de la demande d'enseignement universitaire. En 1954, l'Université de Sherbrooke était établie. En 1974, l'Université Concordia était créée par la fusion de deux établissements, le Collège Loyola et l'Université Sir George Williams.

En 1968, l'Assemblée nationale du Québec adoptait une loi établissant l'Université du Québec, le quatrième établissement d'enseignement postsecondaire de langue française. Aujourd'hui, l'Université du Québec, dont le siège se trouve dans la ville de Québec, constitue un réseau d'établissements de niveau universitaire à l'échelle de la province. Ces établissements comprennent une université associée ayant le droit de délivrer ses grades (l'Université du Québec à Montréal), cinq autres universités constituantes (l'Université du Québec à Trois-Rivières, l'Université du Québec à Chicoutimi, l'Université du Québec à Rimouski, l'Université du Québec à Hull et l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), un institut de recherche (l'Institut national de la recherche scientifique) et deux écoles spécialisées pouvant offrir des programmes qui conduisent à des grades universitaires (l'École nationale d'administration publique, l'École de technologie supérieure). La Télé-université est maintenant intégrée à l'UQAM et poursuit sa vocation d'enseignement spécialisé en formation à distance.

Pendant une bonne partie de son histoire, l'enseignement postsecondaire au Québec a été largement dispensé par des collèges classiques gérés par différentes communautés religieuses ; le cours classique d'une durée de huit années préparait une élite à l'entrée à l'université. Bon nombre de ces établissements ont été fondés au moment de la colonisation française. En 1867, au moment de la Confédération, la province comptait environ 30 collèges classiques.

Au début des années 60, le Québec a connu une forte croissance de sa population, une industrialisation et une urbanisation qui ont rendu impérative la création d'un réseau d'établissements en vue d'absorber la nouvelle clientèle estudiantine et d'offrir une formation technique. Une commission royale provinciale sur l'éducation a recommandé que le gouvernement assume une coordination accrue de l'enseignement collégial . Les cégeps ont donc été mis sur pied en tant que sociétés publiques financées par l'État en vue de dispenser une formation générale et professionnelle au niveau collégial. Aujourd'hui, les cégeps ont une fonction double : dispenser un enseignement intermédiaire entre l'école secondaire et l'université (les programmes préuniversitaires) et offrir une grande variété de programmes techniques qui préparent au marché du travail. Les cégeps publics sont gratuits pour les résidentes et résidents du Québec.

ToC / TdM Programmes et diplômes offerts

Programmes et diplômes offerts par les établissements d'enseignement conférant des grades

Les établissements d'enseignement et de recherche universitaires du Québec offrent une variété complète de programmes menant à l'obtention d'un baccalauréat, d'une maîtrise et d'un doctorat ainsi qu'une variété de programmes menant à l'obtention d'un certificat ou d'un diplôme exigeant habituellement une année d'études. Certaines universités, comme l'Université Laval, l'Université de Montréal, l'Université McGill, l'Université Concordia, l'Université de Sherbrooke et l'Université du Québec à Montréal, offrent une grande variété de programmes de premier, deuxième et troisième cycle. L'Université Bishop's et certains établissements de l'Université du Québec (à Trois-Rivières, à Chicoutimi, à Rimouski, à Hull et en Abitibi-Témiscamingue) ont tendance à offrir principalement des programmes de premier cycle, mais offrent également un nombre de plus en plus élevé de programmes de deuxième et troisième cycle.

Le milieu éducationnel varie de grandes universités urbaines où la recherche est intensive à de petits établissements d'enseignement spécialisés ou régionaux. Certains établissements faisant partie du réseau de l'Université du Québec, ainsi que les deux écoles affiliées à l'Université de Montréal, sont hautement spécialisés et offrent des programmes dans des domaines comme les sciences de la santé, la haute technologie, l'administration publique, le génie et l'administration.

Plusieurs établissements universitaires, dont l'Université de Sherbrooke, l'Institut de technologie supérieure, l'École Polytechnique et l'Université Concordia, offrent des programmes d'éducation coopérative qui allient les études à la formation en cours d'emploi.

Les programmes de premier cycle comprennent le baccalauréat spécialisé, le baccalauréat avec majeure et mineure, le baccalauréat général, les certificats de premier cycle, les attestations et les diplômes. En règle générale, les étudiantes et étudiants qui souhaitent être admis à un programme de premier cycle universitaire doivent détenir un diplôme d'études collégiales ou l'équivalent. Les programmes de baccalauréat exigent généralement trois ou quatre années d'études à temps plein, soit 90 à 120 unités acquises après un programme collégial de deux ans. Les baccalauréats spécialisés exigent une plus grande concentration dans la matière étudiée et une moyenne générale plus élevée, mais ils n'exigent généralement pas une année d'études supplémentaire.

Les programmes menant à un diplôme, un certificat ou une attestation sont particulièrement populaires dans les établissements de langue française. Il faut normalement obtenir 30 unités pour terminer ces programmes.

Les programmes de maîtrise exigent généralement des étudiantes et étudiants qu'ils détiennent un diplôme de premier cycle pour être admissibles. Il faut généralement avoir obtenu 45 à 60 unités pour obtenir le grade de maîtrise. En plus de ces programmes menant à la maîtrise, les universités offrent des programmes de deuxième cycle de plus courte durée (30 unités) à orientation professionnelle qui débouchent sur l'obtention du diplôme d'études supérieures spécialisées (deuxième cycle).

Les programmes de doctorat exigent généralement l'obtention d'une maîtrise pour l'admission, bien que des candidates et candidats puissent être admis avec un baccalauréat spécialisé. Il faut habituellement avoir obtenu de 90 à 120 unités et avoir rédigé une thèse pour obtenir le grade de doctorat.

Programmes et diplômes offerts par des établissements d'enseignement qui ne confèrent pas de grades

Les établissements d'enseignement collégial offrent aux étudiantes et étudiants le choix entre des programmes d'études préuniversitaires et des programmes d'études techniques. Quel que soit leur choix, les élèves suivent des cours de formation générale, qui est commune aux deux types de programmes. La formation acquise dans le cadre des programmes d'études préuniversitaires et des programmes d'études techniques conduit à l'obtention du diplôme d'études collégiales (DEC).

Les programmes d'études préuniversitaires, d'une durée de deux ans, préparent à l'université. Il y a huit programmes préuniversitaires : Sciences de la nature, Sciences humaines, Arts et lettres, Musique, Arts plastiques, Danse, Histoire et civilisation, Sciences, lettres et arts. Un neuvième programme est en expérimentation jusqu'en 2012-1013 : Sciences informatiques et mathématiques.  Certains établissements offrent aussi le baccalauréat international.

Les programmes de formation technique, d'une durée de trois ans, préparent à occuper des emplois de techniciens ou de technologues. La formation technique donne aussi accès à l'université, à certaines conditions. Il existe plus d'une centaine de programmes d'études techniques dans des domaines comme les techniques biologiques, les techniques physiques, les techniques humaines, les techniques administratives et les arts.

En plus de ces programmes menant à l'obtention du diplôme d'études collégiales, les établissements d'enseignement collégial offrent aussi des programmes de plus courte durée qui débouchent sur l'obtention d'une attestation d'études collégiales (AEC).

ToC / TdM Critères d'admission

L'enseignement primaire et secondaire au Québec a une durée de 11 ans, soit six ans pour l'enseignement primaire et cinq ans pour l'enseignement secondaire. Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec administre des examens pour certains cours offerts pendant les deux dernières années d'études secondaires (4e secondaire et 5e secondaire) et conserve un registre central à partir duquel il émet des notes, des bulletins officiels et des diplômes.

Au Québec, tous les diplômées et diplômés de l'école secondaire qui veulent poursuivre leurs études doivent s'inscrire à un établissement d'enseignement d'ordre collégial et choisir soit un programme préuniversitaire, soit un programme technique semblable à ceux offerts par des collèges communautaires d'autres provinces.

Généralement, les universités exigent le diplôme d'études collégiales qui comprend les cours requis pour le programme auquel les étudiantes et étudiants souhaitent s'inscrire. Certains établissements universitaires admettent des étudiantes et étudiants canadiens de l'extérieur du Québec s'ils ont suivi un programme de 12e année approprié. D'autres exigent une année d'études universitaires après l'école secondaire, sous forme d'année préparatoire ou de propédeutique. Certains établissements accordent une attention spéciale aux étudiantes et étudiants de plus de 21, 22 et 23 ans.

Les établissements d'enseignements offrent des services d'intégration pour les étudiantes et étudiants étrangers. Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, quant à lui, publie des documents d'information accessibles sur son site Internet.

Les étudiantes et étudiants étrangers qui ont été admis à un établissement d'enseignement et qui ont reçu un avis officiel d'admission doivent ensuite obtenir un certificat d'acceptation du Québec avant leur arrivée dans la province. Ce certificat est émis par le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles. Les personnes qui souhaitent obtenir le certificat doivent en faire la demande par l'entremise du Service d'immigration du Québec ou de la mission diplomatique canadienne qui dessert leur pays. Les étudiantes et étudiants étrangers doivent prouver qu'ils ont les fonds nécessaires pour étudier au Québec et se munir d'une assurance médicale personnelle auprès d'une compagnie d'assurance canadienne pour la durée de leur séjour.

ToC / TdM Droits d'inscription et aide financière

En 2010-2011, les droits d'inscription aux programmes de premier cycle universitaire s'élevaient à environ 2068,00 $ par année ou environ 68,93 $ par unité pour les personnes résidant au Québec. Depuis l'automne 1997, les étudiantes et étudiants canadiens de l'extérieur du Québec qui s'inscrivent à un programme universitaire de premier ou deuxième cycle doivent débourser des frais supplémentaires. Pour 2010-2011, ces frais sont de 188,92 $ de plus par unité, soit environ 5 668,00 $ de plus par année.

Les droits d'inscription à l'université exigés des étudiantes et étudiants étrangers inscrits au premier cycle comportent deux éléments : les droits de scolarité qu'acquittent les étudiantes et étudiants québécois, soit environ 69 $ par unité, auxquels s'ajoutent des montants forfaitaires supplémentaires répartis en trois catégories.

  1. Dans les disciplines déréglementées (génie, informatique, mathématiques, sciences pures, administration, droit), le montant forfaitaire exigible est illimité, conservé par l'Université et doit être au moins supérieur au montant forfait des disciplines réglementées de catégorie B (12 810 $).
  2. Dans les disciplines réglementées de catégorie A (sciences humaines et sociales, géographie, éducation, éducation physique, lettres), le montant forfaitaire est de 11 271 $ par année.
  3. Dans les disciplines réglementées de catégorie B (médecine, médecine dentaire, médecine vétérinaire, optométrie, sciences paramédicales, pharmacie, sciences infirmières, agriculture, foresterie et géodésie, architecture et design de l'environnement, beaux-arts, cinéma, photographie, musique), le montant forfaitaire est de 12 810 $ par année.

Pour les étudiants étrangers inscrits au deuxième cycle, un montant forfaitaire de 11 267 $ par année s'ajoute aux droits de scolarité que paient les résidents du Québec (2 068 $ par année).

Pour les étudiants étrangers inscrits au troisième cycle, un montant forfaitaire de 9 916 $ par année s'ajoute aux droits de scolarité que paient les résidents du Québec (2 068 $ par année).

Pour les étudiants étrangers inscrits dans les programmes de résidence en médecine (deuxième cycle), un montant forfaitaire de 19 530 $ par année s'ajoute aux droits de scolarité que paient les résidents du Québec (3 584 $ par année).

L'enseignement dispensé par les cégeps est gratuit pour les résidentes et résidents du Québec. Depuis l'année 2000-2001, les citoyennes et citoyens canadiens et les résidentes et résidents permanents qui n'habitent pas au Québec paient des droits de scolarité à chaque session. Pour 2010-2011 et 2011-2012, ce montant est fixé respectivement à 1124 $ et 1198 $ par session. Pour leur part, les étudiantes et étudiants étrangers inscrits à un cégep doivent débourser, en 2010-2011, 4644 $ (4949 $ en 2011-2012) par session pour une inscription en formation préuniversitaire, en techniques humaines et en techniques administratives, 6012 $ (6406 $ en 2011-2012) par session pour une inscription en techniques physiques et en techniques des arts et des lettres et 7198 $ (7670 $ en 2011-2012) par session pour une inscription en techniques biologiques.

À ces droits de scolarité s'ajoutent les frais de services aux étudiantes et étudiants, les frais de matériel pédagogique et les cotisations aux associations étudiantes. Les étudiantes et étudiants étrangers doivent également défrayer les coûts de leur propre assurance-maladie. Certains établissements universitaires offrent une assurance maladie collective négociée par les associations étudiantes.

Chaque année, un nombre limité d'étudiantes et étudiants étrangers provenant de pays avec lesquels le Québec a signé des ententes à cet effet peuvent bénéficier d'une exemption des droits de scolarité supplémentaires exigés normalement des étudiantes et étudiants étrangers.

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport administre le Programme des prêts et bourses du Québec, lequel fournit aux résidentes et résidents du Québec un soutien financier les aidant à entreprendre ou poursuivre des études postsecondaires.

Les bourses du Programme canadien de bourses de la Francophonie sont offertes par l'Agence canadienne de développement international aux francophones admissibles à l'aide canadienne au développement. Les étudiantes et étudiants qui désirent solliciter une telle bourse doivent s'informer des modalités de présentation de leur candidature auprès de l'autorité compétente en matière d'éducation de leur pays d'origine ou de leur mission diplomatique canadienne locale.

Révision : 2010-11-10


Le Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux (CICDI),
une unité du  Conseil des ministres de l'Éducation (Canada) [CMEC].

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